Mercredi 18 Juin 2003 - Economie

Marx est mort !


Les patrons de père en fils… N’importe quoi. Cette vision repose sur un schéma datant d’il y a 200 ans, et n’a plus court.

Quasiment n’importe qui peut se mettre à son compte, pourvu qu’il ait la compétence ou la bonne idée. De même, n’importe quel patron peut arrêter son entreprise pour une raison X ou Y et redevenir salarié.

Il n’est plus possible d’opposer ainsi le prolétariat et le patronat.

Quand à se mettre au boulot, et bien nous sommes très nombreux à le faire tous les jours. Dignement. Avec le respect de nos droits, mais aussi de nos devoirs.

Je dis cela par expérience personnelle. C’est juste que j’ai été salarié, puis travailleur indépendant, puis patron d’une petite pme, puis ensuite à nouveaux salarié. Ce qui est de nos jours un parcours des plus fréquent.

Mais visiblement, cela est interdit par l’idéologie de certain. Qui aimerait bien que cela reste réservé à une frange de la population.

Exemple : je connais pleins de jeunes à peine majeurs qui ont fait de petits logiciels de gestion de CD, des jeux, ou qui connaissent une entreprise qui serait près à les faire venir quelques jours pour faire leur site en HTML. Et pas forcement des fils de nantis, juste des fous furieux qui ont passé tellement de temps sur le PC familial avec des bouquins qu’il sont devenus de vrais petites bêtes…. [je dis cela car actuellement, je suis prof dans un BTS, ce qui ne me semble pas un travail extraordinaire d’un point de vue strictement social]. Et bien, ils hésitent, n’osent pas se lancer pour ce qu’ils savent être de très petites sommes, car ils ont peur des charges, de l’impôt, et justement surtout de cette mentalité ambiante qui dit que se mettre en entreprise (ne serais ce qu’individuelle), c’est devenir un membre de ce truc abstrait, le \ »patronat, le grand capital\ », dont on leur dit tout le temps que ce sont des enfoirés, des sauvages et des exploiteurs. Navrant, non ?

Deuxième exemple : Il y a énormément en France de petites entreprises qui se créent et qui ferment chaque année, pour des raisons X ou Y. Il y a donc bien brassage du prolétariat et du patronat, dans ce cas….

Le seul truc qu’il faudrait obtenir, c’est que les gens admettent qu’on ne peux pas considérer de la même manière une multinationale impersonnelle, d’une TPE/PME ou d’un artisan, qu’il n’est pas possible de les envisager et de leurs parler de la même manière. 3% de charges en moins pour MacDo, c’est le jack-pot et la banque qui saute. Mais pour ton épicier du coin, c’est Peanuts ! Les sommes ne sont pas les même, et donc les 3% n’ont pas la même implication. Or, ce sont les TPE/PME qui fournissent la grande majorité du tissus social français (les café, les épiceries, librairies, cordonniers, agences immobilières, de voyage, les restaurants, etc…..), et qui ramène à l’état près de 43 % de ses revenus fiscaux.

Ce que je dit, c’est que ces TPE/PME sont écrasés par la fiscalité, et par une ambiance générale issue de cette opposition prolétariat/patronat, qui repose sur une analyse de société datant tout de même de deux siècles.

Tiens, pous aller plus loins, si Marx avait vécue l’arrivée de la société anonyme, il aurait modifié sa théorie, car cela signifiait que les gens du peuple pouvaient devenir en partie propriétaire de la structure de production.
😉

Alors, que dire à ceux qui trouvent que nous sommes dans un système ultra-libéral… Peut être leur demander directement :
\ »Tu connais vraiment le traitement infligé aux entrepreneurs ? Toi, si demain, tu as un super plan, que tu fais des crêpes hyper bonnes, tu vas oser aller les vendre à une kermesse pour payer une mobylette à tes gosses ? Même si tu sais que tu les fais bien, et que les gens vont les aimer ? Et surtout : Sans hésiter, sans peur devant le fisc et les contraintes administratives ? \ »

Hum, réfléchissons un peu sur ce point légèrement contradictoire avec les bases du libéralisme tout court ….

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